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La force tranquille du bien

par Amine Bouali

«Faire le mal est facile, c'est faire le bien qui est difficile.» Cette phrase, Hadj Mustapha la répétait souvent. Ce n'était pas un slogan, mais le fruit d'une expérience, d'un engagement quotidien. Celui d'un homme habité par une foi profonde et paisible. Sa vie durant, il a tendu la main, ouvert sa porte, offert son temps.

Hadj Mustapha n'était pas un homme de grands discours. Il croyait plutôt aux petits gestes, ceux qui ne font pas de bruit mais changent parfois une journée, quelquefois une vie. Dans un monde où le repli sur soi gagne du terrain et où l'on glorifie trop souvent la réussite tapageuse, il incarnait une forme de discrétion bienveillante, humble et constante.

Faire le mal n'implique pas toujours de la violence. Il suffit parfois de détourner les yeux, de se taire face à l'injustice, de faire passer son confort avant tout le reste. Une parole blessante, une absence pesante, un regard indifférent - autant de manières de blesser sans même s'en rendre compte. Faire le bien, au contraire, demande un effort : écouter même quand on est fatigué, tendre la main lorsqu'on préférerait la replier, accueillir sans juger. Cela demande du courage, de l'empathie et, souvent, une forme de renoncement. C'est cet engagement discret, patient, et souvent invisible, qui tient debout notre humanité.

Hadj Mustapha n'était pas un héros. Mais il a choisi, jour après jour, d'être présent aux côtés de son prochain. Porté par une foi simple et sincère, il a fait le choix exigeant du bien. Et cela force le respect.