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Le monde du travail en Algérie : Enjeu futur de la vraie bataille

par Abaci M'hamed

La Fête du travail est largement célébrée à travers le monde par des marches pacifiques de grande envergure. La fête du 1er Mai devint, alors une date symbolisant un jour de célébration de combats des travailleuses et travailleurs.En Algérie, le monde du travail traverse aujourd'hui une phase de mutation stratégique, devenue l'enjeu majeur de la stabilité économique et sociale.

A cet effet, le gouvernanement a effectivement lancé ces cinq dernières années plusieurs programmes ambitieux entre 2021 et 2026 pour soutenir l'ivestissement structurant et productif dans les secteurs stratégiques l'industrie et l'agriculture qui sont en pleine évolution dans notre pays .En effet, cette transformation économique de l'Algérie nouvelle, se caractérise par une relance vsant à restructurer l'économie, en se concentrant sur les secteurs stratégiques comme l'industrie et l'agriculture, dont notamment priorité à l'entrepreneuriat et aux startups, aux mégat- projets structurants pour diversifier l'économie hors hydrocarbures entre autres : Ghara Djebilet, Bled El Hadba, Oued Amizour et tant d'autres sont lancés pour générer des milliers d'emplois pérennes. Cette dynamique est marquée par de recrutement et de revalorisation des revenus, à savoir : hausse des salaires, des pensions de retraites , salaire national minimum garanti (Snmg) et de l'allocation chômage.

Évidemment, cette célébration an Algérie est une halte importante rendant hommage aux sacrifices des travailleurs pour le développement national et la dignité sociale, après avoir empêché, au lendemain de l'indépendance la paralysie du pays après le départ massif des cadres européens et avoir aussi préservé et valorisé le patrimoine public au service de la collectivité nationale. Ainsi, faire des valeurs du travail une richesse inépuisable , c'est tout l'enjeu de l'avenir de notre développement socio-économique pour la vraie bataille de l'emploi et garantir un revenu stable. Donc, cette journée met en valeur le rôle des travailleuses et travailleurs dans la construction de l'Algérie nouvelle indépendante. En effet, les ressources humaines (bras et cervaux) occupent aujourd'hui une place de choix pour édifier un Etat fort, dont dépendra une Algérie nouvelle qui à notre humble avis est déjà en marche.

D'abord, nous rappelons brièvement pour la mémoire historique

Le 1er Mai est donc historiquement, le jour symbolisant la lutte pour l'émancipation sociale. En effet, cette date est un des événements les plus déterminants dans l'histoire du monde du travail qui fut une grande fête du travail dans le processus du mouvement ouvrier dans le monde. Cette Fête du travail nous vient d'outre-mer, aux Etats-Unis dans la ville de Chicago. C'est là, en 1886, qu'une grève générale éclate. Suivie par 400 000 salariés, elle paralyse le pays pendant 4 jours et cause la mort de 10 manifestants. Cette grève laissera des traces douloureuses, mais les grévistes seront toutefois entendus dans leurs revendications. L'origine du 1er Mai remonte donc , à 1886, lorsque des ouvriers américains, tout particulièrement à Chicago, se sont mis en grève pour demander entre autres la réduction de leur temps de travail. L'initiative a dégénéré en affrontements et a coûté la vie à plusieurs ouvriers.

Le mouvement ouvrier international a alors décidé en 1889 de faire du 1er Mai une journée revendicative internationale, avec pour objet central la question du temps de travail, notamment la journée de 8 heures. Le 1er Mai célébré en tant que tel, date de 1890.

L'histoire du mouvement ouvrier en Algérie

Pour contrecarrer la CGT, une commission syndicale (ouvrière) avait été créée au sein du ‘'MTLD ‘'sous la présidence de l'ancien cégétiste et nationaliste Aissat Idir, premier secrétaire général de l'UGTA.

Dans les années 1950, le mouvement syndical algérien a atteint le terme de son évolution avec la création, en 1954, de l'Union générale des syndicats algériens, UGSA d'une part, et la création, en 1956, de l'Union générale des travailleurs algériens, UGTA d'autre part. Les militants de l'UGTA ou même ceux de l'UGSA, contraints eux aussi à l'activité clandestine, vont connaître plus de répression. Beaucoup ont connu l'emprisonnement, la torture et même la liquidation physique comme cela a été le cas pour Aissat Idir.

Au lendemain de l'indépendance, l'Algérie vivait une situation socioéconomique critique : la pauvreté et la misère, un taux de chômage de plus de 70%, un taux d'analphabétisme de 90%, un déficit important en main-d'œuvre qualifiée et en encadrement, pour lesquelles hier les travailleurs se sont sacrifiés pour une force économique et productive où ils ont grandement milité dans la bataille du développement économique national pour mettre sur pied de grandes réalisations dans tous les domaines et dans tous les secteurs d'activités pour renforcer l'indépendance politique nouvellement acquise au prix d'un million et demi de martyrs. Cette génération a payé le prix fort de sa jeunesse en travaillant sans répit, sans confort, sans revendications salariales et dans une précarité sociale en général.

Cette fête vient rappeler à notre mémoire collective l'importance que revêt le travail dans la vie de chacun individuellement et collectivement. C'est aussi l'occasion pour chacun, au-delà des revendications légitimes qu'il pourraient y avoir, d'apprécier rationnellement la situation actuelle du pays et de s'engager dans le travail comme une priorité nationale de manière à faire en sorte que notre bien commun qui est l'Algérie renoue véritablement avec la croissance hors hydrocarbures. En effet, les ressources humaines (bras et cervaux) occupent aujourd'hui une place de choix pour édifier un Etat fort, dont dépendra une Algérie nouvelle qui est marche puisque les deux secteurs stratégiques l'industrie et l'agriculture sont en pleine croissance .L'impératif est donc de bâtir une économie diversifiée, dont notamment le vrai combat est de construire un appareil productif de croissance potentielle hors hydrocarbures où doit se projeter à notre humble avis une charte des valeurs du travail et humaines d'excellence comme seuls facteurs de progrès d'une nation. Oui, faire des valeurs du travail une richesse en Algérie, c'est tout l'enjeu de l'avenir de notre développement socio-économique harmonieux, car c'est eux la force productive et par conséquent les créateurs de richesses et les forces vives de la nation.

Nous ouvrons une parenthèse historique nécessaire. Et là, pour rappeler et rendre un hommage aux combats passés, notamment de ceux qui ont rendu au pays ses lettres de noblesse dans l'histoire de la patrie et du devoir dans la longue lutte ouvrière comme Aissat Idir, le père fondateur du syndicalisme, le martyr de la Révolution et le premier secrétaire général de l'Union générale des travailleurs (UGTA) en 1956. Comme aussi ceux des militants syndicaux du Zaccar, Boucaid, l'Ouenza, les ouvriers des forges, les dockers d'Alger et tant d'autres martyrs de la République durant la décennie noire, particulièrement ces grands Hommes et militants-syndicalistes d'honneur de la tragédie nationale des années 1990, entre autres : Abdelkader Benhamouda secrétaire général de l'UGTA , Kacemi Ahmed, secrétaire national de l'UGTA. Comme Beaucoup d'autres militants-syndicalistes durant la guerre de Libération ont connu l'emprisonnement, la torture, au camp de concentration de Berrouaghia(W. Médéa) entre autres : Tahar Gaid ,Madjid Ali Yahia, Kiouar Baroudi Slimane Rebba, Rabah Djermane, Mogamed Abib, Attalah Benaissa, Boualem Bourouiba, Mohamed Zioui, Amar Lamini, Mayouf Hanachi, Ali Boudjellal, Hassen Bourouiba et tant d'autres martyrs de la République et des milliers de talents et d'élites de grande qualité qui ont donné leurs vies ,dont des chercheurs, journalistes, intellectuels, ingénieurs, artistes, médecins, écrivains, professeurs, enseignants, cadres supérieurs etc.

On ne peut que s'en réjouir aujourd'hui, de leur combat et de leur sacrifice que nous dédions cette modeste contribution pour que nul n'oublie. Par ailleurs, aussi il est important demarquer un moment historique, pour rappeler les vraies valeurs du travail dans notre pays, notamment les défilés des années 1970, symboles de la production représentant tous les secteurs d'activité, qui, depuis trois décennies ont disparu de notre paysage socio-économique, ceux ou celles des travailleuses et travailleurs qui avaient l'ambition de faire marcher un pays, par eux-mêmes, par leurs propres efforts honnêtes et dédiés à la patrie. Oui, ils ont grandement milité dans la bataille du développement économique national pour répondre aux impératifs majeurs de l'Algérie indépendante, après avoir empêché, notamment la paralysie du pays après le départ massif des cadres européens et avoir préservé et valorisé le patrimoine public au service de la collectivité nationale.

C'est une vraie révolution du travail, et du patriotisme économique qui a vu en 14 ans la naissance d'une industrie nationale composé de diverses technologies à la faveur de la nationalisation des hydrocarbures dans les domaines de l' électronique, la sidérurgie, la mécanique, la chimie, la fabrication de pièces et d'équipements industriels, les chantiers navals, l'énergie et la pétrochimie, l'industrie pharmaceutique, l'industrie du tourisme, la mise en valeur des terres et la modernisation du secteur agricole en grande exploitation agricoles, industrie cinématographique (Oncic), télécommunications, informatique, nucléaires, presse écrite et audiovisuelle (nationale et régionale), Institut pasteur, barrage vert qui inspire aujourd'hui une grande expérience dans la lutte contre la désertification, industrie du ciment et matériaux de construction etc. D'ailleurs, ce qui a permis aussi, à l'Algérien de consommer made In Algeria ou encore l'équipementier n'est autre que celui de la Sonitex qui habille les équipes nationales, car presque tout était fabriqué chez nous. Fruit d'une politique industrielle des années 1967- 1970.La part de la production industrielle annuelle était autour de 18 à 25% du PIB.

Cette génération postindépendance été à l'avant-garde du pays à tout point de vue qui a choisi de rester au service du pays et en faisant honneur à l'Algérie qui a affiché sa supériorité de force économique et politique. L'on parlait d'âge d'or, l'industrie nationale, du tourisme, de la médecine algérienne et de l'enseignement universitaire à l'échelle régionale où on accueillera des malades et étudiants universitaires du monde Arabe, de l'Afrique, du tiers-monde, du Maghreb, voire même des responsables et membres de gouvernement d'Etat d'Afrique.

C'était un fait marquant et témoin de l'engagement d'une génération de militants, d'intellectuels, de journalistes, de cadres, de fonctionnaires et de travailleurs de combat très attachée aux repères patriotiques au service réellement de l'Algérie indépendante qui ont d'ailleurs empêché, notamment la paralysie de l'Algérie après le départ massif des cadres européens. Ils ont été d'un apport indéniable au développement national, notamment ont su changer la donne et s'imposer comme acteurs-clés dans le processus de nationalisations et de développement national après avoir préservé et valorisé le patrimoine public. Ils ont apporté la preuve de leur sacrifice dans la douleur de leur jeunesse, se passant d'une vie meilleure ailleurs en travaillant sans répit et dans des conditions des plus pénibles, une charge de travail insupportable par manque d'effectif et de qualification sans pour autant prétendre au moindre avantage ou profiter de leurs postes de travail ou de responsabilité.

Aujourd'hui, l'impératif est donc de relancer et renforcer davantage notre économie hors hydrocarbures déjà en marche pour répondre à la demande intérieure qui est en perpétuelle croissance, et espérer ensuite pour pouvoir exporter l'excédent. C'est tout l'enjeu futur afin de gagner la bataille de l'emploi et garantir à chaque Algérien un revenu stable. En effet, ce n'est que par les valeurs du travail que nous saurons dépasser la crise et relancer l'économie nationale pour faire face aux retombées sociales. En effet, les salaires et retraites, sont, ‘'bas socialement et élevés économiquement'',malgré des augmentations régulières, tout en étant une charge lourde «économiquement» pour l'État , malgré ces efforts salutaires répétés de soutien où l'État poursuit une politique de revalorisation salariale , des retraites , l'assurance chomageet subventions des prix en soutien du pouvoir d'achat des travailleursdurant ces cinq dernières annéespour garantir à chaque Algérien un revenu stable . Selon les statistiques, la population active en Algérie est évaluée à 12 millions et peu plus de 3millions de retraités,dont la plupart a, un revenu entre 20. 000 DA et 50.000DA/mois et enfin, un peu plus 2 millions de chommeurs qui perçoivent une allocation de chomage de 18.000DA /mois , et consacrent environ 80% en moyenne de leurs revenus entre autres : à l'alimentation, soins médicaux, habillement , location logement et l'électroménagers.

On peut dire et résumer, quand l'entreprise va, tout va , c'est pourquoi le 1er mai 2026, est l'occasion opportune pour soumettre ‘' à débat, les questions sociales et économiques des entreprises , pour la vraie bataille pour l'emploi ‘' dans la mesure où les travailleurs sont parmi les contributeurs importants dans la structure du budget de l'Etat. C'est pourquoi, nous devons œuvrer pour une «réforme» du système de sécurité sociale et les retraites y compris l'assurance chomage, qui est un pilier fondamental de la protection sociale, visant à garantir un revenu et une couverture santé, afin de parvenir à créer une confiance bâtie sur l'équité sociale et fiscale entre l'administration et le contribuable.

Et enfin, rendre les travailleurs actionnaires dans leur entreprise, l'objectif étant l'intéressement et leur participation aux fruits du développement du pays.