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La gouvernance locale: Entre la décentralisation et l'innovation
par Mohand El Hocine Ouffroukh* La
gestion des affaires locales devient de plus en plus beaucoup complexe et les
obstacles auxquels les élus locaux sont confrontés exigent encore plus
d'efforts au fil des temps.
A ce titre, Le réservoir d'expériences inestimables sur la gouvernance, le leadership des élus et les problèmes auxquels les dirigeants locaux sont confrontés dans les environnements urbains complexes d'aujourd'hui, n'a cessé de s'enrichir au cours de cette dernière décennie. Le moment était venu de puiser dans ce réservoir d'expériences et de connaissances pour disposer des ressources nécessaires à l'apprentissage et au renforcement des capacités en matière de leadership des élus. Le concept de bonne gouvernance et de leadership des élus efficace a acquis une signification totalement nouvelle au cours de ces dix dernières années. Les questions relatives à l'équité, à l'inclusion, à la subsidiarité, à l'engagement civique, à l'obligation de rendre compte, à la transparence et aux nouvelles normes d'efficacité et d'organisation rationnelle, revêtent aujourd'hui une dimension et une signification plus importantes en tant que missions des dirigeants élus et critères de mesure des performances de la gouvernance. Celle-ci reconnait la représentation et le leadership comme étant les rôles et les responsabilités qui se trouvent au cœur de la fonction des élus. Ces derniers doivent représenter leurs administrés et faire montre de leurs qualités de leader dans leur représentation. Ces deux rôles sont complexes et exigeants. Afin de remplir ces rôles et responsabilités essentiels, l'élu doit disposer de connaissances et compétences, notamment, dans les domaines suivants: communication, facilitation, utilisation du pouvoir, prise de décision, élaboration de politiques, mobilisation, négociation, développement, financement et renforcement des institutions. Ces compétences doivent s'exercer dans le cadre des principes de bonne gouvernance tels que définis par les normes les plus adéquates. Ces principes définissent le contexte dans lequel chacune de ces compétences doit s'appliquer. Les rôles du formateur et du responsable de la formation sont reconnus comme étant indispensables à la réussite du renforcement des capacités des dirigeants élus. Un guide de l'utilisateur complet doit être élaboré pour appuyer leurs initiatives. Les nouvelles formes de gouvernance locale, témoignent de la nouvelle flexibilité des méthodes de gouvernance et aident les collectivités locales à renforcer l'efficacité et la qualité des services rendus. A travers de nouvelles formes de partenariats, de contrats et des mécanismes de gestion, les relations des collectivités locales avec le pouvoir national, la société civile, le secteur privé et d'autres collectivités locales changent dans le sens d'une amélioration de la planification et de la prestation de services ainsi que la maitrise même de la gestion du service public. Les pouvoirs locaux son appelés à coopérer afin d'améliorer la gestion de la performance et des méthodes d'analyse des résultats, à s'assurer du fait que le contrôle des autorités locales et la responsabilité qui en découle soient maintenus lorsque de nouveaux services sont développés, et de veiller à accroitre de telles initiatives et à veiller à accorder un soutien et des ressources suffisantes aux efforts visant à accroître l'implication et la participation des citoyens à la gouvernance locale et au processus décisionnel. En effet, Une bonne gouvernance locale ne se limite plus à administrer une commune de manière classique. Elle s'appuie aujourd'hui sur plusieurs innovations pour être plus efficace, transparente et proche des citoyens, notamment en ce qui concerne : la Participation citoyenne renforcée : les collectivités innovantes impliquent directement les habitants dans la prise de décision au niveau local, à travers la mise en place de conseils consultatifs devant comprendre toutes les couches de la société: les cas les plus édifiants : budgets participatifs (les citoyens décident de l'usage d'une partie du budget) les consultations publiques numériques et faire assister les représentants de cette société aux différentes assemblées locales ouvertes (comme prévu dans le code communal 10-11)et cela améliore la confiance et la légitimité des décisions prises. Aussi, l'introduction de la digitalisation et l'usage des technologies transforment la gestion locale et modernise la qualité des prestations de service fournies: l'on peut citer à titre illustratif : les guichets, les services administratifs en ligne (actes, demandes, paiements), les plateformes numériques pour signaler des problèmes, des réclamations (voirie, propreté...) Il ya lieu aussi de promouvoir la transparence et la lutte contre la corruption, à cet effet, les innovations peuvent inclure: la publication des budgets et dépenses, la traçabilité des marchés publics (toutes les procédures y afférentes engagées) ainsi que les outils de contrôle citoyen. L'objectif étant de renforcer la redevabilité des élus. Par ailleurs, et dans l'optique de renflouer les caisses des communes, l'initiative doit être libérée pour les élus afin de chercher les meilleurs moyens de création de richesses locales avec des méthodes adaptées pour chaque commune. L'autonomie financière consolide les mécanismes de décentralisation et contribue à la satisfaction des différents besoins exprimés par les administrés. D'autre part, les communes classées comme grandes métropoles, à l'instar de celles d'Alger, Oran, Annaba, Constantine et Sétif, celles-ci peuvent adopter des pratiques innovantes pour le développement durable : telles que, la gestion intelligente des déchets, l'urbanisme vert et l'utilisation des énergies renouvelables locales et cela répond aux défis environnementaux actuels. Comme on peut se référer également à la gestion basée sur les données (data-driven) dont les décisions sont de plus en plus guidées par des données afférentes à: l'analyse des besoins des citoyens, les indicateurs de performance des services publics et enfin la planification urbaine intelligente (en s'appuyant sur l'application stricte de la réglementation algérienne liée à la gestion des instrumentes de l'urbanisme actuellement actualisée (Décret exécutif n°26-158 modifiant et complétant le décret exécutif n° 15-19 fixant les modalités d'instruction et de délivrance des actes d'urbanisme) Par ailleurs, une bonne gouvernance locale veille à: intégrer les populations vulnérables, réduire les inégalités et disparités et garantir ainsi, l'accès équitable aux différents services Les innovations d'une bonne gouvernance locale reposent sur trois piliers clés: la participation du citoyen dans la prise de décision locale, la transparence et l'efficacité grâce à la technologie nouvelle. Quant à la décentralisation et autonomie locale: la nouvelle réflexion des pouvoirs publics en Algérie est orientée vers l'octroi de plus de pouvoirs aux collectivités locales afin de permettre: une prise de décision plus rapide et de trouver des solutions plus adaptées aux réalités locales. Dans les communes et les villes, les citoyennes et citoyens doivent être en contact direct avec les élus locaux. Grâce à ces échanges directs, une administration démocratique, performante et proche de ses citoyens peut non seulement contribuer de façon décisive à la prestation des services publics dont la population a un besoin urgent, mais aussi, renforcer la confiance citoyen Etat. Les systèmes de gouvernance et d'administration décentralisés peuvent aussi contribuer à exploiter tous les potentiels nationaux, à encourager l'innovation, la concurrence et à continuer de cultiver une perception sur des indicateurs fiables de nature à déterminer les besoins réels des citoyens et de procéder ainsi à leur satisfaction. En outre, les systèmes décentralisés offrent de bonnes conditions cadres pour orienter, sur l'ensemble du territoire, l'action de gouvernance et d'administration en fonction des besoins, des priorités et des droits des citoyennes et citoyens, tout en équilibrant les disparités au sein d'un État et d'une collectivité unique. Aux niveaux central et local, les intérêts pourront être mieux articulés, les particularités mieux prises en compte et les ressources mieux mobilisées. La décentralisation des systèmes de gouvernance et d'administration rendra ainsi l'État plus proche de ses citoyens, plus démocratique et plus performant * Diplômé de l'Ecole Nationale d'Administration (Année 1993) - Ancien cadre |
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