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Visas: un front commun contre les abus

par Abdelkrim Zerzouri

Confrontés à des difficultés parfois insurmontables pour décrocher un visa Schengen, particulièrement, des millions de citoyens arabes et africains ont peut-être trouvé un espace convenable pour défendre leur droit. L'initiative de l'Organisation tunisienne pour l'orientation du consommateur (OTOC), qui a annoncé le 28 mai le lancement de la « Déclaration de Tunis sur les droits des consommateurs dans les services de visas et de mobilité internationale», qui a été accueillie avec grand enthousiasme par de nombreuses associations dans le monde arabe et continentale activant dans le domaine de la protection des consommateurs, est en passe de prendre les allures d'un cadre de coopération transnational pour défendre les droits des demandeurs de visas.

Certes, le principe de souveraineté est accordé aux pays d'accueil, qui ont le droit d'accorder ou de refuser le visas d'accès à leurs territoires, même si au passage on foule aux pieds les principes de la libre circulation des personnes promue par la mondialisation, mais il y a certains points qui méritent une bien meilleure gestion dans le respect des droits des usagers des services de visas.

C'est dans cet objectif, la défense des droits de ces usagers, que verse la « Déclaration de Tunis sur les droits des consommateurs dans les services de visas et de mobilité internationale ». Selon ses initiateurs, la délégation des prestations consulaires à des sociétés intermédiaires, qui s'occupent de toute la gestion des dossiers des demandeurs de visas, a considérablement augmenté les frais de la gestion en question, obligeant les demandeurs de visas à dégager un lourd budget, le tout sans savoir quelle sera l'issue de la demande. La grande majorité des demandes de visas, comme on le sait, est sanctionnée par un refus, sans aucune suite. Aucune suite n'est donnée dans le sillage des refus, ni pour les motivations réelles des refus (les explications données par les consulats restent opaques), et encore moins pour les frais payés, qui ne sont pas restitués aux demandeurs déboutés.

Sans parler de la protection des données personnelles introduites dans les plateformes numériques des sociétés intermédiaires, qui échappent à tout contrôle.

Dans ce cas, du refus, voire des abus, une partie des frais devrait être restituée aux demandeurs, du moins leur accorder le bénéfice d'un meilleur service relativement aux coûts élevés. Rien de cela n'est accordé aux demandeurs de visas, qui subissent des délais d'attente de rendez-vous très longs, et sans aucune garantie quant à l'issue de la demande.

Les demandeurs de visas qui déposent des recours individuels contre les refus étant toujours perdants face à une administration sourde, qui refuse tout contact direct avec eux, l'initiative de l'association tunisienne cherche à créer un Observatoire africain des services de visas et de mobilité internationale (en projet) afin de dépasser les initiatives individuelles et s'attaquer à cette gestion fragmentée des dossiers des demandeurs de visas qui porte un grave préjudice aux consommateurs.