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Livres
Massinissa, la légende berbère. Récit historique de Kader Gaïd. Editions El Dar El Othmania, Alger 2025, 218 pages, 1 400 dinars Massinissa ? Un jeune roi numide dépossédé de son trône et fugitif qui a réussi à construire par la suite le royaume de plus étendu de l'antiquité nord-africaine. Durant un demi-siècle, il a fait preuve d'une grande vaillance guerrière personnelle, de capacités considérables de meneur d'hommes et de commandement militaire au combat, d'intelligence politique, d'observation des faiblesses de ses ennemis, et même de ses amis, de diplomatie et d'ouverture. De plus, un amoureux fou et désespéré de Sophonisbe. Mille fois, il faillit perdre la vie et il vécut ensuite jusqu'à sa mort dans une prospérité au milieu de sa nombreuse famille et de sa tribu. Fils d'une prophétesse et de Gaïa qui régnait sur un modeste royaume, coincé entre le territoire de Carthage à l'est et les Etats du puissant Syphax à l'ouest, très tôt il a aspiré agrandir le royaume ancestral aux dimensions de l'Afrique du Nord. Il va faire face à Hasdrubal, ex-futur beau-père, à Hannibal le général carthaginois, puis à son rival Syphax, roi des Massaesyles et à Scipion l'Africain, tous prêts à tout pour étendre leur emprise sur la côte méditerranéenne. Il réussira, durant sa vie, à assurer l'indépendance de son royaume avec pour capitale Cirta (actuelle Constantine). A sa mort, en 148 av J.C., à l'âge de plus de quatre-vingt-dix-sept ans, durant la troisième guerre punique, celui-ci est partagé entres ses trois fils : Micipsa, Gulussa et Mastanabal. A noter que le fils de ce dernier, Jugurtha, prendra les armes contre Rome afin d'unifier à nouveau la Numidie. Un récit historique romancé très librement. D'ailleurs, l'auteur l'avoue dans un entretien à la presse : « Avec ma formation de scientifique où la précision des faits, des dates et des événements est importante, j'ai donc fait des synthèses bibliographiques que j'ai romancées, pour lesquelles j'ai créé des dialogues tels j'ai imaginé qu'ils avaient eu lieu et j'ai produit une histoire faisant revivre un événement historique, une légende, ou des héros ». Passionnant. Car, il y ajoute ses propres sentiments à travers ses frayeurs, ses joies, ses exaltations... Tout un film ! L'Auteur : Docteur en sciences physiques, option génie des procédés environnementaux, ancien professeur à l'Université des sciences et de la technologie Houari Boumediène à Alger, (Usthb), il a été expert dans une multinationale, dans le traitement des eaux, pendant plus de 25 ans, auteur de nombreux ouvrages techniques sur l'eau et l'environnement. Passionné pour les romans historiques, il est déjà auteur de quelques ouvrages. Table des matières : Introduction/ 27 chapitres/ Bibliographie Extraits : « A Carthage, le peuple et le Sénat, amis de la paix et de la retenue, gouvernent de concert la République, comme stratège militaire » (p 177) et il n'existe entre les citoyens nulle rivalité de gloire ou de supériorité. La crainte de l'ennemi maintient la bonne intelligence dans l'état » (p 33), « Cirta, capitale du « Regnum Numidiae » passe ainsi aux mains de Massinissa. Elle fut la résidence principale des Rois berbères » (p 94), « Massinissa était audacieux, entreprenant pour sauver ce qu'il aime et se laissait moins imposer par les Romains. Il les connaissait bien et n'hésitait pas à leur reprocher ouvertement leur ambition insatiable et leur politique perfide » (p 125), « Massinissa devient le roi et l'unificateur de la Numidie pendant plus de cinquante ans » (p 171), « Hannibal eut le malheur d'être plus grand que le peuple chez lequel il était né ; et son destin fut de vivre et de mourir en terre étrangère. Hannibal n'eut l'héroïsme d'Alexandre, ni les talents de César ; mais il les surpassa l'un et l'autre comme stratège » (p 177), « Massinissa eut plusieurs épouses et un nombre considérable d'enfants dont quarante-trois garçons... La plupart des enfants de Massinissa disparurent avant lui mais il en resta, à sa mort, une dizaine » (p 185), « Massinissa change, en grande partie, la vie pastorale et à demi sauvage des Berbères pour une civilisation plus avancée. Il transforme la plupart des tribus nomades en tribus agricoles... La Numidie devient un puissant royaume, par l'étendue du pays, par le nombre et la force de ses hommes. C'est elle qui fournissait à Rome, animaux, céréales, fruits » (p 201), « Massinissa, maître de tout le pays depuis la Maurétanie jusqu'à Cyrène (colonie grecque de Libye), était le roi le plus puissant de l'Afrique » (p 209). Avis - Un pan de l'Histoire de la Numidie... très largement (et librement) romancé. Peut-être un peu trop, bien que le récit semble s'être appuyé sur une documentation large et sérieuse. Citations : « Quand le danger menace la patrie, on ne demande pas celui qu'on lui sacrifie. Elle a des droits, surtout au cœur de ses soldats et même ses héros lui doivent leurs lauriers » (p 146), « La meilleure garantie de liberté et d'égalité est de contredire les plus puissants devant la justice» (p 180), « En réalité, c'était surtout de Massinissa dont les Romains commençaient à avoir les plus grandes craintes : celui-ci ne cessait d'affirmer que l'Afrique devait appartenir aux Africains » ( p 194), « Les peuples soumis qui s'emparent ensuite du pouvoir, et prennent l'avantage sur leurs anciens maîtres, peuvent être cruels et impitoyables. Mais l'heureux ou malheureux succès des batailles ne suffit pas pour donner une juste idée des vainqueurs ni des vaincus ; souvent les plus heureux, faute d'en avoir fait bon usage, ont été cause de très grands malheurs » (p 214). Les Berbères. Mémoire et identité. Essai de Gabriel Camps (préface de Salem Chaker, professeur à l'Inalco-Paris, spécialiste de linguistique berbère). Editions Barzakh, Alger 2007 (1ère publication, Editions des Hespérides, 1980). 351 pages, 750 dinars (Fiche de lecture déjà publiée en mars 2019. Extraits pour rappel. Fiche complète in www.almanach-dz.com/histoire/ bibliothèque d'almanach). (...). Ni linguiste, ni berbérisant au sens étroit du terme, ni ethnologue de formation, surtout préhistorien et protohistorien, Camps a, dans une approche des relations entre langue, culture et société, reconstruit le savoir sur les Berbères sur la base de la continuité et l'unité géographique du monde berbère. Bref ! Les Berbères sont là, avec leur langue et leur culture, depuis longtemps, depuis les temps préhistoriques. Et, « derrière et à côté de tous les apports extérieurs, puniques, latins, arabo-musulmans... il y a toujours et partout le même fil conducteur : le Berbère, la langue berbère ». Un sommaire assez riche : Les origines (antiques et modernes) des peuples à côté de l'histoire (temps protohistoriques, antiquité, moyen-âge), les dominations étrangères et les acculturations, le Berbère et le divin, la permanence berbère (l'écriture libyque, les tifinagh, l'art, le pouvoir, la vie sociale...). Auteur: Né en Algérie en 1927, décédé en 2002, Gabriel Camps a consacré sa vie à l'étude des Berbères. Professeur émérite de l'Université de Provence, il a occupé de hautes fonctions scientifiques en Algérie et en France. Préhistorien et protohistorien, il était le plus grand spécialiste de l'histoire des Berbères (...) Extraits : (...), « L'histoire du Maghreb n'est souvent, pour les auteurs, que l'histoire des dominations étrangères. Elle n'est que la succession des maîtres d'un moment (...). Cette vue coloniale de l'Histoire est aujourd'hui dépassée (...). En bref, à toutes les époques, les Berbères sont les oubliés de l'Histoire » (p 151), (...), « Le chiisme avait ses bases en Orient, et cependant ce fut le Maghreb qui assura son triomphe » (p 257). Avis - Un ouvrage « qui remet les Berbères au centre de l'histoire et de la culture de l'Afrique du Nord ». Une référence pour qui veut s'informer à une source sérieuse (scientifique) sur le peuple berbère que nous sommes et notre identité, à travers les âges. ...Il concerne t.o.u.s les Algériens. Citations : (...), « Il existe une permanence berbère dans laquelle baigne l'ensemble nord-africain (...). C'est elle qui fait l'originalité du Maghreb à la fois dans le monde arabe et dans le monde africain » (p 269), « L'une des principales raisons de la faiblesse des Etats en pays berbère, réside dans les règles ou l'absence de règles de transmission du pouvoir... Le modèle politique ainsi proposé est une anarchie équilibrée » (pp 315 et 322) (...), « Le Berbère a le nez chatouilleux... Pour ne pas perdre la face, l'individu consentira des sacrifices inouïs, sa famille supportera les pires privations » (p 326). |
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