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Le marché des compléments alimentaires
connaît une expansion rapide en Algérie. Estimé à près de 500 millions de
dollars, ce secteur en plein essor attire de nombreux opérateurs.
Toutefois, cette dynamique s'accompagne de préoccupations grandissantes liées à la sécurité sanitaire, à la qualité des produits, à leur traçabilité ainsi qu'à la protection des consommateurs. Face à ces enjeux, professionnels de santé, experts et associations plaident pour la mise en place d'un encadrement plus précis et d'un contrôle rigoureux afin d'assainir le marché et garantir des produits conformes aux normes de sécurité sanitaire. C'est dans ce contexte que plusieurs spécialistes ont souligné, samedi à Alger, lors d'une journée scientifique organisée par l'Association de protection et d'orientation du consommateur et son environnement (APOCE), la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle plus stricts pour encadrer le marché des compléments alimentaires, tout en saluant l'élaboration d'un projet de décret actuellement à l'étude au niveau du gouvernement. Le président de l'association organisatrice de cette rencontre, Mustapha Zebdi, a appelé à l'interdiction urgente de la vente des compléments alimentaires via les réseaux sociaux. Dans une déclaration faite à des organes de presse et rediffusée sur la page Facebook de l'APOCE, M.Zebdi a tiré la sonnette d'alarme face à l'ampleur des campagnes publicitaires menées sur ces plateformes, vantant les prétendus bienfaits et l'efficacité de nombreux compléments alimentaires, dont une grande partie repose, selon lui, sur des allégations mensongères. Regrettant le fait que la commercialisation et ces campagnes publicitaires ne reposent sur aucun fondement réglementaire. Il a également dénoncé les publicités à caractère médical qui présentent ces produits comme des solutions miracles, alors que certains compléments ne sont ni réellement efficaces ni suffisamment contrôlés. Mustapha Zebdi a par ailleurs mis en garde contre les acteurs opérant dans la clandestinité, échappant à tout contrôle, même s'ils restent peu nombreux. Il à également plaidé, dans ce sens, pour une implication élargie des experts, universitaires et acteurs du secteur afin d'assurer une meilleure protection du consommateur et de structurer durablement cette filière en plein essor. La directrice de l'enregistrement des produits pharmaceutiques à l'Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), Farida El Mouhab, a expliqué que ces produits, situés à mi-chemin entre l'aliment et le médicament, nécessitent une attention particulière en matière d'évaluation et de contrôle en raison de la diversité de leurs compositions et de leurs effets physiologiques. Elle a averti que certains compléments alimentaires peuvent contenir des substances actives non déclarées, estimant indispensable l'instauration d'un cadre réglementaire rigoureux fondé sur la qualité, la traçabilité des matières premières et l'évaluation scientifique. De son côté, l'experte Soumia Yahiaoui a rappelé que le marché des compléments alimentaires s'est développé en Algérie depuis le début des années 2000 principalement à travers l'importation, et ce en l'absence d'un cadre réglementaire clair. Selon elle, cette situation a conduit les autorités sanitaires à engager un travail de classification et de régulation à la suite de plusieurs alertes sanitaires et signalements liés au mésusage de certains produits. Elle a estimé que le projet de décret, examiné par le gouvernement lors de sa réunion du 8 avril dernier, devrait permettre de combler le vide juridique, de mieux structurer cette filière et de renforcer la protection des consommateurs. Le producteur Tarek Boumezbar a, pour sa part, appelé à encourager l'investissement dans ce secteur en forte croissance, tout en imposant un cahier des charges strict, un système d'agrément conforme aux normes requises ainsi qu'un encadrement rigoureux de la distribution afin de garantir la qualité et la traçabilité des produits. L'experte Salma Seltania a insisté sur l'importance de mettre en place des dispositifs de pharmacovigilance et de nutrivigilance, rappelant que ces mécanismes reposent sur la déclaration des effets indésirables par les consommateurs, les professionnels de santé et les autorités sanitaires. Elle a également souligné que certains compléments alimentaires peuvent être recommandés, voire prescrits dans un cadre médical, ce qui renforce la nécessité d'une vigilance accrue ainsi que d'une formation continue des professionnels de santé. Plaidoyer pour la vente exclusive des compléments en officine Dans ce sens, le Syndicat National des Pharmaciens d'Officine (SNAPO) plaide depuis plusieurs années pour la réglementation rigoureuse de cette filière en pleine expansion, tout en plaidant pour la vente exclusive des compléments alimentaires en pharmacie. Un appel régulier qui a été réitéré, notamment début 2026, pour protéger la santé publique face à la prolifération de ces produits et leur vente anarchique, souvent via des influenceurs ou des sites non contrôlés. Le SNAPO a toujours appelé à ce que leur distribution soit réservée aux officines pour garantir la conformité et la traçabilité. |
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