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Détroit d'Ormuz: Téhéran campe sur sa position et met en garde

par Mohamed Mehdi

Samedi, 78e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Téhéran maintient sa volonté de contrôle sur le détroit d'Ormuz en annonçant la mise en place d'un «mécanisme professionnel de gestion du trafic» et met en garde les pays qui soutiennent le projet de résolution mené par Washington pour l'obliger à rouvrir ce passage maritime stratégique qu'ils subiront les conséquences en cas de renouvellement des attaques américaines contre la République islamique. Au Liban, l'annonce par les Etats-Unis d'un prolongement de 45 jours du «cessez-le-feu» qui n'a jamais été respecté par l'entité sioniste ressemble davantage à une farce puisque les bombardements se poursuivent sur des villages et des villes du libanaises.

Par la voix de sa Mission permanente aux Nations Unies (ONU), l'Iran a annoncé, vendredi dans un message sur X, qu'il tient pour responsables «tous les pays cosignataires» du projet de résolution introduit par les États-Unis devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour l'ouverture du détroit d'Ormuz, «si les États-Unis déclenchaient une nouvelle escalade».

Selon la publication, «les États-Unis cherchent à exploiter le nombre des prétendus cosignataires de leur projet de résolution politiquement motivé et unilatéral pour fabriquer une fausse image d'un «large soutien international» à leurs actions illégales en cours et pour frayer la voie à de nouvelles aventures militaires dans la région».

«Si les États-Unis déclenchaient une nouvelle escalade, tous les États cosignataires partageraient la responsabilité internationale aux côtés de Washington pour les conséquences. Aucune excuse politique ou couverture diplomatique ne saurait les absoudre de leur responsabilité pour avoir facilité, permis et légitimé l'agression des États-Unis», ajoute la Mission iranienne à l'ONU.

Plus de 110 pays soutiennent le projet de résolution américaine visant à «garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz». La Russie a déjà annoncé qu'elle voterait contre cette proposition.

Passage à travers le détroit d'Ormuz : des pays européens en discussions avec l'Iran

La télévision iranienne (IRIB) a annoncé, samedi, que des pays européens sont en discussion avec Téhéran pour garantir le passage de leurs navires via le détroit d'Ormuz. «Après que des navires de Chine, du Japon et du Pakistan ont traversé en toute sécurité le détroit d'Ormuz avec l'autorisation de la marine iranienne, plusieurs pays européens cherchent désormais l'approbation de l'Iran pour permettre à leurs navires de franchir le détroit», a annoncé IRIB dans une publication sur la plateforme X.

De son côté, le président de la Commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Azizi, a annoncé, le jour même, sur X que «dans le cadre de la souveraineté nationale et de la garantie de la sécurité du commerce international», l'Iran «a mis en place un mécanisme professionnel de gestion du trafic dans le détroit d'Ormuz, le long d'une route désignée qui sera prochainement dévoilée».

Il a précisé que «seuls les navires commerciaux et les partenaires iraniens pourront bénéficier de ce dispositif» et que des «redevances nécessaires seront perçues pour les services spécialisés fournis dans le cadre de ce mécanisme». Dans une allusion claire aux Etats-Unis et à Israël, Azizi a ajouté que «cette route (maritime) restera interdite aux opérateurs du projet dit «de l'opération liberté»».

Liban : poursuite des attaques israéliennes au milieu d'un prolongement du «cessez-le-feu»

A l'issue de la seconde journée des «négociations directes» entre les autorités libanaises et Israël, qui ont eu lieu jeudi et vendredi à Washington, le porte-parole du département d'Etat américain, Tommy Pigott, a annoncé, sur X, le prolongement de «45 jours» du «cessez-le-feu» au Liban. Cette annonce s'apparente davantage à une farce. Car, depuis, Israël a mené une série de bombardements aériens sur plusieurs villes et villages libanais. «Les 14 et 15 mai, les États-Unis ont accueilli deux jours de discussions très productives entre Israël et le Liban. La cessation des hostilités du 16 avril sera prolongée de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès», a écrit Tommy Pigott sur X.

Le porte-parole du département d'État a également ajouté qu'un «nouveau» round de négociation est prévu «les 2 et 3 juin», et qu'une «voie sécuritaire sera lancée au Pentagone le 29 mai avec des délégations militaires des deux pays».

Depuis cette annonce, l'entité sioniste a bombardé, en l'espace de quatorze heures : le quartier Al-Zayyata à la ville d'Ansar, sud du Liban, détruisant une maison ; les villages de Taffahtha, Al-Ghassaniya et Kawthariya as-Siwada dans le sud du Liban ; la ville de Qaaqaïa, dans le district de Saïda, et d'autres localités comme Sammayia, Deir Qanoun, Ra's al-A'yn dans le district de Tyr ; la localité de Houbbous au sud du pays, et un bombardement au phosphore visant Yahmar al-Shaqif dans la Bekaa occidentale, au sud-est du pays.

Bien sûr, Tommy Pigott n'est pas revenu sur X pour commenter ces bombardements israéliens, préférant rester sur des mots creux dans lesquels il dit espérer que «ces discussions favoriseront une paix durable entre les deux pays», et «une reconnaissance complète de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de chacun, et l'établissement d'une sécurité véritable le long de leur frontière commune». Quant au Hezbollah, il a annoncé sa «détermination à défendre son territoire et son peuple, face aux transgressions (du cessez-le-feu) et aux crimes de l'ennemi israélien».

A noter qu'entre jeudi après-midi et vendredi soir, le Hezbollah a mené environ 33 attaques contre des positions militaires israéliennes dans le sud-Liban et au nord des territoires palestiniens occupés, en réponse aux bombardements sionistes visant des civils et des infrastructures libanaises.