Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Négociations avec Washington: Les exigences iraniennes

par Mohamed Mehdi

Mardi, 81e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Les Etats-Unis n'ont pas officiellement répondu à la récente proposition iranienne de 14 points, avant d'entamer un nouveau round de négociations pour mettre fin à la guerre.

Néanmoins, l'intermédiaire pakistanais affiche son optimisme «quant à la possibilité de parvenir à un accord amiable entre les États-Unis et l'Iran». «Nous restons convaincus que les négociations indirectes en cours entre Washington et Téhéran progresseront», ont déclaré des sources pakistanaises au quotidien américain le New York Post.

Selon l'agence IRNA, le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires internationales et juridiques, Kazem Gharibabadi, a présenté hier devant la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, un «rapport détaillé sur le déroulement des négociations et la proposition iranienne aux États-Unis».

IRNA précise que la récente proposition iranienne insiste sur «le droit de la République islamique à l'enrichissement d'uranium» à des fins «pacifiques», la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, la levée du blocus naval américain, la restitution des avoirs et des biens iraniens, l'indemnisation des dommages causés par la guerre, la levée de toutes les sanctions unilatérales et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que le retrait des forces américaines des régions entourant la République islamique».

Liban : «Nous avons refusé d'utiliser le terme «désarmement»» lors des négociations

Une source officielle libanaise a déclaré, hier, à Al Jazeera que les négociateurs «étudient un projet de déclaration d'intention avec Israël, parrainé par les États-Unis, mais n'est pas encore finalisé», ajoutant que lors des négociations directes, la partie libanaise a «refusé d'utiliser le terme «désarmement»» qui désigne directement le Hezbollah.

La même source précise que «l'escalade qui continue au Sud-Liban compromet les négociations avec Israël», ajoutant que «Washington est déterminé à obtenir une avancée décisive sur le plan libanais, mais Netanyahu refuse un cessez-le-feu».

L'interlocuteur officiel dont l'identité n'a pas été révélée par Al Jazeera, demande aux États-Unis, parrain des négociations, d'«assumer leurs responsabilités et d'imposer un cessez-le-feu décisif et global», soulignant que la poursuite des violations israéliennes «est intenable» et qu'elle conduira soit au «retrait (de la partie libanaise) des négociations», soit à une «participation conditionnée à un cessez-le-feu».

«Nous avons informé Washington qu'Israël ne peut pas détruire les armes (du Hezbollah, ndlr) en détruisant le Liban. La poursuite de l'escalade dans le sud du Liban compromettra le déroulement des négociations avec Israël», a insisté la même source.

Concernant le Hezbollah, la même source se dit convaincue qu'il «souhaite négocier de son propre chef», notant que si les «approches diffèrent», les «objectifs» des autorités libanaises et ceux du Hezbollah «sont les mêmes» : «parvenir à un cessez-le-feu». «Nous avons rejeté l'utilisation du terme ‘désarmement'», affirme la même source, précisant que le «volet sécuritaire» des négociations «est purement technique» et qu'il n'est pas prévu de mettre en place une «brigade dédiée au désarmement au sein de l'armée libanaise».

Il est plutôt question d'un «comité mixte libano-américain chargé de surveiller la mise en œuvre des engagements de l'armée» et de dynamisation de «l'Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST) afin de contrôler les violations israéliennes».

Par ailleurs, le Hezbollah reste sur les mêmes positions : pas de négociations directes, mais un travail diplomatique avec le maintien de la résistance sur le terrain, en attendant une stratégie de défense nationale pour libérer toute partie du territoire libanais encore sous occupation israélienne.

«Tout accord conclu avec l'ennemi au détriment de la souveraineté ne permettra pas d'imposer la réalité sur le terrain», a déclaré hier le député Hassan Fadlallah, membre du Bloc Fidélité à la Résistance, au Parlement libanais, lors d'un point de presse. Fadlallah a, à nouveau, appelé les autorités libanaises à «renoncer à la voie des négociations directes, affirmant que toute approche devait se fonder sur les principes nationaux et préserver la position et la force du Liban face à l'ennemi».