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Une trahison des engagements américains selon Téhéran: Le blocus naval maintenu

par Mohamed Mehdi

Samedi, 92e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Les pourparlers pour un éventuel accord de paix ou de prolongation du cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis tournent en rond.

Dans les faits, le président américain continue de demander à Téhéran de brandir le drapeau blanc avec des exigences maximalistes faisant fi de l'agression que les Etats-Unis ont menée à deux reprises (juin 2025 et fin février 2026).

Pour Trump, non seulement l'Iran doit s'engager à ne jamais se doter de l'arme nucléaire, ce que les plus hautes autorités iraniennes répètent à tue-tête depuis des décennies et jusqu'à ce jour, de remettre son stock d'uranium enrichi à l'AIEA en coopération avec les Etats-Unis, mais surtout de rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation libre et sans péage, comme s'il fallait oublier les milliers de morts et de blessés, et les dizaines de milliards de dollars de dégâts subis lors de l'agression américano-israélienne.

Les menaces du Secrétaire d'Etat américain à la Guerre, Pete Hegseth, de reprendre les bombardements contre l'Iran n'arrangent pas les choses. Le blocus naval américain est toujours maintenu. Ce que Téhéran considère comme une « trahison » des engagements américains. Mohsen Rezaei, conseiller du Guide suprême iranien, a déclaré que le président américain Donald Trump « trahit la diplomatie pour la troisième fois en maintenant le blocus et en formulant des exigences excessives ». Alors que le porte-parole du ministre iranien des Affaires étrangères a rappelé, hier, qu'aucune négociation « n'a eu lieu à ce stade concernant les questions nucléaires avec les États-Unis ». Concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, l'Iran poursuit une gestion semi-officielle des passages en exigeant que des demandes de transit lui soient transmises par les sociétés propriétaires des navires. Hier, la marine des Gardiens de la révolution iraniens a annoncé que 20 navires ont franchi le détroit d'Ormuz ces dernières 24 heures, en coordination avec les forces iraniennes.

De son côté, l'Autorité du détroit du golfe Persique (Ormuz - PGSA) a condamné, dans une publication sur X, les sanctions prises à son encontre par le ministère américain du Trésor, et annonce que « malgré les actions de tension des États-Unis dans les eaux du golfe Persique et de la mer d'Oman, cet organisme continue sans relâche d'examiner et d'accorder des autorisations de passage aux navires non hostiles, dans le but de faciliter la navigation ». La PGSA annonce également que des « statistiques sur le premier mois d'activité de l'institution seront bientôt publiées ».

Bombardements israéliens au Liban: Silence complice des Américains

L'entité sioniste poursuit avec acharnement ses attaques contre le Liban, au moment où les Etats-Unis qui abritent des « négociations » directes entre Israël et les autorités libanaises se terrent dans un total consentement implicite.

Samedi, l'armée libanaise a annoncé que deux de ses soldats ont été blessés après avoir été pris pour cible à bord d'un véhicule par un drone israélien sur la route Abba-Nabatieh. Dans la même journée, l'armée génocidaire d'Israël a mené plusieurs bombardements sur des villes et villages du Sud-Liban, notamment à Blat, dans le district de Marjeyoun, Nabatieh, et a émis des «avis d'évacuation immédiate » pour les habitants de Marwaniyeh, Loubieh, Midoun, Ansariyeh, Zifta et Tuffahta.

De son côté, le Hezbollah a mené plusieurs actions contre les positions de l'armée sioniste au Sud-Liban, et dans le nord de territoires palestiniens occupés. La colonie de Kiryat Shmona a été dans le viseur des missiles du Hezbollah dans la nuit de vendredi à samedi, alors qu'une embuscade a été tendue à « une force israélienne à l'aube qui tentait de progresser vers Ghandouriyeh, en faisant exploser des engins explosifs et en la bombardant de roquettes », a annoncé la résistance libanaise.

« L'embuscade a fait des victimes parmi l'ennemi, qui s'est replié sous un épais écran de fumée avant de bombarder la zone par voie aérienne et d'artillerie », a ajouté le Hezbollah, précisant avoir à « nouveau bombardé la colonie de Kiryat Shmona à l'aube aujourd'hui (samedi) avec des roquettes ».

La chaîne israélienne 12, citant le «Commandement du Front intérieur» a annoncé que « les sirènes ont retenti à Metula et Misgav Am » dans la région d'Al Djalil « suite à la détection d'une infiltration de drone en provenance du Liban ».

Le correspondant d'Al Jazeera sur place a signalé qu'une salve de 10 missiles a été tirée depuis le Liban vers le nord des territoires palestiniens occupés, ajoutant que des dégâts ont été constatés après cette attaque, et de signaler aussi que « les sirènes ont retenti à Safed pour la première fois depuis environ un mois et demi ».

Stéphane Dujarric (ONU): «Ghaza doit appartenir à 100% au peuple palestinien»

Dans son point de presse quotidien de vendredi dernier, le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies (ONU), Stéphane Dujarric, a rappelé que « Ghaza doit appartenir à 100% au peuple palestinien ».

Cette déclaration était en réponse à une question sur les propos du génocidaire Netanyahou, Premier ministre de l'entité sioniste, recherché par la Cour pénale internationale, dans lesquels il « affirmait ouvertement envisager d'étendre son contrôle sur Ghaza jusqu'à 70% ».

«Ghaza doit appartenir à 100% au peuple palestinien. C'est ce que nous souhaitons, et nous n'avons cessé d'appeler Israël à se retirer de son occupation au-delà de la soi-disant ligne jaune. Nous maintiendrons cette position », a répondu M. Dujarric.

Par ailleurs, lors de sa déclaration préliminaire avant le jeu des questions/réponses, le porte-parole du SG de l'ONU a affirmé, citant ses collègues d'OCHA, qu'une « frappe aérienne israélienne a touché (jeudi) une zone résidentielle à moins de 200 mètres de cinq installations humanitaires à Deir el-Balah », ajoutant que « heureusement, aucun blessé n'est à déplorer ».

A propos des points de passage, il a souligné que depuis dimanche dernier, celui de « Kerem Shalom/Karem Abou Salem est le seul point d'entrée opérationnel à Ghaza pour l'acheminement des biens humanitaires et commerciaux, Zikim étant fermé ». « Nous continuons de réclamer l'ouverture de davantage de points de passage et, bien sûr, l'acheminement d'une aide et de fournitures essentielles plus importantes », a-t-il ajouté à ce sujet.