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Vendredi, 105e jour de
l'agression américano-sioniste contre l'Iran. A moins d'un revirement
américain, les échanges indirects entre l'Iran et les Etats-Unis, sous la
médiation pakistanaise à laquelle se sont joints les Qataris, pourrait aboutir
à un accord qui, selon Bloomberg, qui parle plutôt d'un « mémorandum d'entente
», pourrait être signé dans les jours à venir à Genève.
Si une « bonne partie » des termes de l'accord à venir semble avoir été validée des deux côtés, puisque même les agences de presse iraniennes ont publié les détails du brouillon en 14 points « du projet de mémorandum d'entente entre l'Iran et les États-Unis » (voir plus loin). Pour le moment, l'accord ne « peut être officiel » que si les « autorités compétentes du pays donnent leur aval final », a expliqué, jeudi, le porte-parole du MAE de la République islamique Esmail Baghaei, lors d'une déclaration télévisée sur les derniers développements des négociations visant à mettre fin à la guerre. Cette accélération des évènements intervient après d'importantes attaques américaines contre l'Iran, de mercredi et jeudi derniers, et à des nouvelles menaces de bombardements proférées par Donald Trump, ce qui a été suivi immédiatement par une forte riposte iranienne qui a fait changer d'avis le président américain. « Nous avons détruit tous leurs radars, et leurs systèmes de défense aérienne, ainsi que la majeure partie de leurs (stocks) de missiles. Il ne leur reste que 20% environ », a déclaré, jeudi, Donald Trump, promettant de nouvelles vagues plus destructrices si l'Iran ne signe pas l'accord voulu par lui. Et selon NBC, citée par Al Jazeera, l'offensive américaine a visé des infrastructures et des installations d'eau potable au sud de la province d'Hormozgan, ce qui constitue, ajoute la chaîne américaine, « un acte relevant d'un crime de guerre » dans le cas où le choix de ces cibles « était délibéré ». Riposte iranienne : Cinq bases militaires US ciblées Vu l'ampleur de la réponse iranienne aux attaques américaines, le stock de missiles dont dispose Téhéran est loin des « 20% » évoqués par Trump. « Le 11 juin, les forces armées iraniennes ont ciblé cinq bases militaires en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn », a annoncé la Radiodiffusion de la République islamique d'Iran (IRIB), précisant qu'il s'agissait des bases aériennes de Muwaffaq Al-Salti (Jordanie), Ahmed Al-Jaber et Ali Al Salem (Koweït), et de Sheikh Isa (Bahreïn), ainsi que le quartier général de la 5e flotte américaine à Bahreïn également. « 12 missiles balistiques visant (des hangars de stationnement) d'avions de chasse américains F-35, F-15 et F-16 ainsi que des installations militaires de la base aérienne de Muwaffaq Al-Salti (située à Azraq) et de son centre de contrôle », ont également affirmé les forces armées iraniennes. Le jour même, l'Iran annonce via le commandement central de Khâtem al-Anbiyâ qu' « à compter de ce moment, et compte tenu de l'absence de sécurité dans la région, nous annonçons la fermeture du détroit d'Ormuz à la circulation de tous types de navires, y compris les pétroliers et les navires commerciaux, et toute circulation sera ciblée ». Les détails du projet de mémorandum d'entente entre l'Iran et les États-Unis Citant une « source proche de l'équipe de négociation iranienne », l'agence Mehr News a publié le « texte provisoire » portant « nouveaux détails du projet de mémorandum d'entente de 14 points ». Le premier point du document concerne la mise en œuvre d'« un cessez-le-feu permanent et immédiat sur tous les fronts, y compris au Liban », suivi de celui portant « l'engagement des États-Unis » à « respecter la souveraineté de l'Iran et de ne pas s'ingérer » dans ses affaires intérieures », ainsi qu'à « retirer leurs forces des environs de l'Iran ». Le texte stipule également la nécessité de la « levée totale du blocus naval dans un délai de 30 jours » suivant la signature officielle, en contrepartie de la « réouverture du détroit d'Ormuz dans un délai de 30 jours, selon les modalités convenues par l'Iran ». L'Iran réclame également « la suspension des sanctions » sur la vente de son pétrole, ses produits pétrochimiques et dérivés, ainsi que son « total accès à ses ressources financières ». Le 7e point souligne « la nécessité pour les États-Unis et leurs alliés de présenter des plans de reconstruction de l'Iran d'une valeur minimale de 300 milliards de dollars », lit-on dans le document publié par l'agence Mehr News. La question nucléaire, les fonds gelés, le programme balistique et les garanties Deux points du projet de mémorandum d'entente sont consacrés au programme nucléaire iranien. Une durée maximale de « soixante jours pour parvenir à un accord final sur les questions nucléaires », durant lesquels doit être « totalement levées les sanctions primaires et secondaires, les sanctions américaines, ainsi que l'annulation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et du Conseil des gouverneurs de l'AIEA», stipule le point n°8. Dans le point 9, « l'Iran réaffirme son engagement de ne pas se doter de l'arme nucléaire, au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ». Durant les 60 jours de négociations finales, «les États-Unis s'engagent à ne pas déployer de troupes supplémentaires dans la région et à ne pas imposer de nouvelles sanctions». L'Iran exige également le « déblocage de 24 milliards de dollars » d'avoirs gelés, pendant cette période, dont « la moitié sera mise à (sa) disposition avant (même) le début des négociations». Dans les points 12 et 13, il est question de la «mise en place d'un mécanisme de suivi pour superviser la mise en œuvre de l'accord final», et en guise de garantie son «adoption par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies». Le 14e insiste que « les négociations finales ne débuteront pas tant que la moitié des avoirs iraniens gelés n'auront pas été débloqués», et que «les sanctions pétrolières imposées à l'Iran soient suspendues et le blocus naval levé ». Le projet ajoute que « l'accord final portera uniquement sur le sort des matières enrichies et de l'enrichissement d'uranium », ainsi que « la levée des sanctions et le programme de reconstruction économique iranien ». Quant aux questions relatives au « programme de missiles iranien » et au « soutien (de l'Iran) aux factions de la résistance », elles « ont été définitivement retirées de l'ordre du jour », souligne le document. |
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